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PRÉSENTATION ET INSTALLATION DU LABORATOIRE |
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Description du laboratoire à notre arrivée à Sindou :
Le laboratoire est situé dans le bâtiment principal de l'hôpital, celui qui date de 1997 et comporte les salles de consultation, deux chambres, la maternité, la laboratoire, la pharmacie et la stérilisation.
A
notre arrivée, il n'occupait qu'une seule pièce, alors qu'une deuxième pièce
contiguë identique lui était aussi dévolue mais était utilisée par le PEV
pour stocker son matériel. Cette pièce fût libérée le lendemain.
Les deux pièces sont en bon état, avec du carrelage sur le sol et sur les murs
jusqu'à 1,80 mètre. Chacune dispose d'une petite paillasse (hélas trop
étroite, d'une trentaine de centimètre) disposée devant la fenêtre. Un
espace de rangement se trouve sous chaque paillasse, et on trouve un grand
placard dans chaque pièce.
Une des deux pièce comporte un bureau et une centrifugeuse à main.
Chaque pièce dispose de l'eau courante (rare et précieux), d'un éclairage et de prises électrique et même d'un climatiseur. L'électricité provient d'un groupe électrogène, allumé uniquement le soir et la nuit en cas de besoin.
Le technicien est seul dans son laboratoire, mais il est aidé par une femme de service pour ce qui concerne le nettoyage et la désinfection du matériel réutilisable. Il devait engager un adjoint prochainement.
Équipement du laboratoire en "gros" matériel :
Le laboratoire possédait un certain nombre de consommables et de produits chimiques. Le réapprovisionnement en réactifs passe par Banfora (Direction Régionale de la Santé, de laquelle dépend le district de Sindou), eux-même dépendant de réapprovisionnement nationaux. Ces réapprovisionnements sont très aléatoires, à tous les niveaux.
Cependant, lors de notre mission, nous avons pu
rencontrer à Ouagadougou Mme Sawadogo, pharmacien responsable de la CAMEG
(Centrale d'Achat en Médicaments Essentiels Génériques) qui nous a dit
vouloir distribuer également des produits et du matériel de laboratoire. Étant
elle-même pharmacien officinal, elle nous a avoué ne pas être très au fait
des besoins réels en matériel et réactifs de laboratoire et ne pas disposer
d'une personne connaissant la Biologie Médicale. Encore une fois, le manque de
personnel formé est un frein au développement des activités de laboratoire.
Mme Sawadogo avait cependant dressé une petite liste comprenant entre autre des
colorants, quelques produits chimiques, lames, lamelles et pipettes Pasteur.
Cette liste ne demandait qu'à être complétée. Cependant, une de ses
inquiétudes concernait la péremption de ces produits dans l'entrepôt de la
CAMEG parce que non utilisés. Une coopération avec la CAMEG pourrait être
très intéressante et permettrait d'assurer un réapprovisionnement facile de
tous les laboratoires par l'intermédiaire de tous les dépôts répartiteurs de
médicament et consommables médicaux, présents dans chaque district.
Activités menées à Sindou :
1- Apport de matériel
On peut se reporter à la liste du matériel
nécessaire à l'installation de l'étape 1.
Pour résumer, il a été apporté :
2- Réhabilitation et rangement
![]() Salle de manipulation, sous la paillasse, on trouve les différentes colorations, rangées dans des cartons
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Lors de notre arrivée, nous avons tout d'abord fait un
inventaire précis de tout ce qu'il y avait dans le laboratoire.
Ensuite, nous avons déballé, avec M. Sintéré Sanou, le technicien de laboratoire, l'ensemble des cartons de matériel apporté. En regardant la liste de tout ce qu'il y avait dans le laboratoire, nous avons commencé à jeter tout ce qui était hors d'usage, très sale ou inutile. Il a ensuite été convenu de séparer le laboratoire en deux parties :
Un menuisier de Sindou a réalisé pour nous des étagères à placer sous les paillasses et a augmenté le nombre de planches dans chaque étagères. Dans la salle de prélèvement :
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Dans la salle technique :
3- Formations
![]() M. Sintéré Sanou, technicien de laboratoire, dans la salle de manipulation. En arrière plan, des planches d'hématologie
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La formation du personnel est
l'activité la plus importante de la mission, c'est elle qui conditionne
la pérennité de toute l'action et permet la réalisation d'analyses
médicales de qualité.
Formation du technicien de laboratoire : M. Sintéré Sanou, est un jeune technicien plein d'énergie et qui a été très bien formé aux techniques de laboratoire par son école. Cependant, un manque énorme de consommables et de réactif le limitait considérablement dans son travail. Il a accueilli très favorablement notre projet, et était plein d'entrain lors des séances de formation. La réussite de la mission lui en est en grande partie imputable. La formation a abordé différents points, que vous retrouverez dans la partie formation du technicien de laboratoire. L'accent fût mis sur certaines techniques inconnues de lui (recherche d'un déficit en G6PD, protéinurie et protéinorachie sur buvard, concentration des selles) ainsi que sur la gestion du laboratoire (voir plus bas).
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Formation du personnel de service :
La formation de cette catégorie de personnel est
régulièrement négligée, ce sont pourtant eux qui sont les garants du
nettoyage du laboratoire, des consommables réutilisables, des spéculums mais
aussi souvent de la stérilisation.
Des formations sur les différentes poubelles,
le devenir des consommables,
l'utilisation de l'eau de Javel et
ses différentes dilutions, la stérilisation
du matériel on donc été prodiguées.
Discussions avec le médecin et les infirmiers :
Le Dr. Ouedraogo, Médecin-chef de district et Directeur de l'Hôpital, a été très intéressé par la réhabilitation de son laboratoire. Une mise à jour de ses connaissances en Biologie Médicale a été faite, il n'avait en effet presque plus rien pu prescrire pendant ses 4 années de présence à Sindou. Encore une fois, sans l'accueil qu'il nous a réservé et sa rigueur dans le travail quotidien, tant médical qu'administratif, nous n'aurions pas pu faire grand chose à Sindou. Qu'il en soit là encore une fois remercié.
S'autre part, lors d'une réunion de tous les infirmiers du district (une vingtaine ce jour là), nous avons présenté le travail effectué au laboratoire, et détaillé toutes les analyses réalisables avec leurs utilités et leurs limites. La mise en place d'un circuit de ramassage des analyses pourrait être envisageable dans le district de Sindou ainsi qu'éventuellement un deuxième laboratoire plus petit dans le Sud du district (Dakoro ? Niankarodougou ?), plus éloigné de Sindou.
4- Tarification des analyses, partie administrative, technicien adjoint
Une réunion avec le Dr. Ouedraogo et M. Sanou nous a permis de calculer le prix de revient exact de chaque analyse. A partir de ce prix, nous avons essayé de mettre en place les tarifs des analyses réalisées dans le laboratoire. Les analyses chères (hématologie entre autre) ont été souvent tarifées à prix coûtant pour éviter une limitation par l'argent. Le bénéfice du laboratoire lui permettant de tourner est plutôt fait grâce aux analyses peu chères (paludisme, culot urinaire, protéines sériques). Se reporter à la tarification des analyses
Toute la partie administrative a aussi été abordée : rendu
et archivage des résultats, suivi des patients, tenue d'un cahier
de paillasse, outils de gestion
mais aussi les calculs de consommation en réactifs et consommables, le
réapprovisionnement, la communication avec les cliniciens, les recherches dans
des livres ...
Il a aussi été mis en place des numéros d'appel, après avoir vu quelques
problèmes dans la file d'attente devant le laboratoire. Une vingtaine de
petites planchettes de 5 cm de côté, polies puis numérotées ont parfaitement
fait l'affaire. Il serait peut-être bon de réaliser 4 ou 5 planchettes rouges
à donner aux prescripteurs pour accompagner une analyse urgente et donc
prioritaire.
En outre, la mise en place de nouvelles analyses allant forcément produire une augmentation de la charge de travail, nous discutâmes avec le Dr. Ouedraogo de la pertinence d'augmenter le nombre de personnes travaillant au laboratoire. M. Sanou s'engageait à former un adjoint, recruté dans le voisinage. Une somme de 3000 FF (300 000 FCFA) leur fût allouée pour payer les premiers mois de salaire de cet adjoint, pour éviter de mettre en péril le recouvrement des coûts lors des premiers mois de fonctionnement du laboratoire (M. Sanou est un fonctionnaire payé par l'état burkinabè et pas par l'Hôpital de Sindou qui paye par contre le gérant du dépôt de médicament).
Ont été mises en place les analyses de l'étape 1 : se reporter à la liste des analyses réalisables
Analyses restant à mettre en place :
Ce sont les analyses de l'étape 2 : se reporter à la liste des analyses réalisables
ANNEXE :
Microscopes utilisés à Sindou :
Le microscope solaire était parfaitement utilisable, même à l'immersion.
Cependant Pour une meilleure luminosité, nous avons du nous mettre à
l'extérieur (ce qui explique le "bob" contre le soleil terrible ...),
il y avait trop peu de lumière directe dans le laboratoire.
Cependant, pour travailler lorsque le soleil est très vertical, nous avons du
beaucoup incliner le microscope, ce qui a eu pour effet désagréable de faire
couler toute l'huile à l'immersion.
En outre, nous avons adapté un éclairage à
l'aide d'une batterie de voiture sur le microscope que l'Hôpital possédait.
Ceci évite de remettre en marche le groupe électrogène le soir ou la nuit
pour une simple goutte épaisse. On obtient une lumière tout à fait correcte.
La batterie fonctionne pendant environ 3 mois, ensuite, on peut la recharger.
![[Gille au microscope]](../11-techgenerale/gille-micro.jpg)
![[Microscope sur batterie]](../11-techgenerale/microscope-batterie.jpg)
Le Dr Yves Gille observe une lame de crachat (recherche de tuberculose).
Microscope branché à une batterie de voiture.