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PONCTION GANGLIONNAIRE |
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Principe :
La ponction ganglionnaire aide au diagnostic étiologique des adénopathies. Ce geste simple fait partie de l'exploration initiale d'une adénopathie sans étiologie évidente. Ne jamais oublier qu'un résultat négatif n'apporte pas grand chose.
On
peut aussi réaliser une ponction ganglionnaire lorsque l'on suspecte une filariose.
Réalisation pratique :
Avant la ponction, on note précisément le siège du prélèvement, le caractère douloureux ou non du ganglion, sa consistance (dure, ferme, molle), sa mobilité : fixé ou non. Il est aussi important de préciser le caractère isolé ou disséminé des adénopathies, leur localisation uni ou bilatérale
On ponctionne directement avec une aiguille de 6 à 8 dixième de mm de diamètre le ganglion superficiel jugé pathologique, en l'immobilisant entre pouce et index. Il ne faut pas aspirer le suc ganglionnaire avec une seringue, sauf si l'adénopathie est inflammatoire et que l'on pense retirer du pus. Une fois plantée dans le ganglion, l'aiguille est tournée sur elle-même entre pouce et index, puis retirée et la goutte de suc ainsi prélevée est chassée à la seringue sur plusieurs lames, étalée, fixée par dessèchement, colorée par les colorations de Gram et MGG puis les lames sont lues au microscope. Si du pus est retiré, on peut refaire une ponction avec une aiguille de plus fort calibre montée sur une seringue.
Ponction d'un ganglion inflammatoire
Incidents et accidents :
Aucun accident grave n'est à déplorer si l'on est sûr de la nature ganglionnaire de l'organe ponctionné. Les incidents sont sans gravité : ecchymose au point de piqûre, gonflement du ganglion par hémorragie intraganglionnaire. Si la ponction a porté sur une tuméfaction de nature non lymphoïde prise pour un ganglion, la cytologie va corriger le diagnostic.
Résultats : on peut se reporter à l'aspect des cellules hématologiques
Plus que le pourcentage des diverses catégories de cellules, la description d'ensemble et les conclusions du cytologiste comptent d'avantage. Il y a, sur un adénogramme normal, environ 90% de cellules lymphoïdes à différents stades de fonction (petits lymphocytes, grands lymphocytes hyperbasophiles, plasmocytes) et environ 10% de cellules macrophagiques (monocytes, mastocytes et grands macrophages contenant des inclusions). Le suc ganglionnaire normal est stérile.
Interprétation et intérêt :
La ponction apporte au clinicien des renseignements sur la consistance et la nature du ganglion : épaississement de la coque, tissu compact ou mou, nécrose du centre, aspect du suc retiré... L'examen cytobactériologique apporte des renseignements complémentaires et permet généralement d'orienter le diagnostic entre adénopathies infectieuses, inflammatoires, parasitaires, tumorales ou de surcharge.
Dans les adénopathies infectieuses, le suc retiré est plus ou moins
nécrotique, contenant des polynucléaires altérés et des macrophages. Selon
le type d'infection, on peut mettre en évidence des germes extra ou
intracellulaires, prenant ou non la coloration de Gram. Les germes banaux les
plus fréquemment rencontrés sont les staphylocoques et les streptocoques.
La tuberculose
ganglionnaire se traduit par un suc généralement nécrotique, avec parfois
une réaction cellulaire faite de lymphocytes, de plasmocytes, de cellules
géantes et de cellules épithélioïdes ; le bacille de la tuberculose
peut être mis en évidence par coloration
de Ziehl. Une nécrose pure sans bactéries évoque une lymphoréticulose
bénigne (maladie des griffes du chat).
Les adénopathies inflammatoires se caractérisent par la richesse cellulaire de l'étalement qui est fait de lymphocytes polymorphes, de plasmocytes et de grands immunoblastes. La présence de cellules phagocytaires (polynucléaires et macrophages) est fréquente. Cet aspect dit " inflammatoire " peut avoir de multiples causes : infections virales, syndromes mononucléosiques, syphilis, toxoplasmose, maladies de système (polyarthrite rhumatoïde, lupus) ou encore certains médicaments (hydantoïne)
Dans les parasitoses responsables d'adénopathies, la ponction peut apporter la preuve de l'étiologie en montrant le parasite (leishmanioses, filarioses, trypanosomiases).
Les adénopathies malignes forment le groupe le plus important car c'est souvent en pensant à elles que le clinicien a ponctionné :
Se reporter aux hémopathies malignes