|
EXPLORATION DES LEUCOCYTOSES ET DES LEUCOPÉNIES |
|
Les anomalies sanguines des leucocytes et de la formule leucocytaire peuvent être quantitatives ou qualitatives. Ne pas oublier qu'il existe certaines particularités hématologiques en Afrique noire. Pour les explorer, on réalise une numération des leucocytes et une formule leucocytaire
Anomalies quantitatives touchant une lignée préférentiellement :
1- Polynucléaires neutrophiles :
Leur augmentation (polynucléose) est généralement comprise entre 10 et
20 G/l. Elle peut atteindre exceptionnellement des chiffres très élevés
(>40 G/l) pouvant évoquer une prolifération maligne. Les polynucléoses
s'observent surtout :
Leur diminution (neutropénie si < à 1.5 G/l) est due à différentes causes :
Les neutropénies chroniques sont le plus souvent toxiques, les causes médicamenteuses (voir agranulocytose) étant les plus fréquentes . Il faut cependant souligner la fréquence des fausses neutropénies par hyper margination des polynucléaires sur les parois capillaires.
On parle d'agranulocytose si les PNN sont
< 0.5 G/l. Le plus souvent il s'agit d'une origine médicamenteuse :
antithyroïdiens, phénylbutazone, indométacine, sulfamides, chloramphénicol,
phénothiazines (antihistaminiques), triméthoprime, amidopyrine, L Dopa,
diurétiques thiazidiques, phénytoine.
A l'arrêt du traitement, la normalisation se fait en une à deux semaines.
2- Polynucléaires éosinophiles :
Devant une hyperéosinophilie (> 1 G/l), l'orientation diagnostique se fait en fonction des signes d'accompagnement :
Étiologies parasitaires les plus fréquemment en cause devant une hyperéosinophilie importante (>1 G/l) :
Devant une hyperéosinophilie qui ne fait pas sa preuve parasitaire, ne pas oublier d'envisager des étiologies non parasitaires (collagénoses, cancers, hémopathies, allergies diverses).
3- Polynucléaires basophiles : leur augmentation (basophilie) est rare et s'intègre presque toujours dans un tableau hématologique caractéristique de leucémie myéloïde chronique avec forte myélémie.
4- Lymphocytes :
Leur augmentation (lymphocytose) a une signification différente selon que la morphologie est monomorphe ou polymorphe :
Leur diminution (lymphopénie) s'observe entre autre dans le SIDA, les lymphomes Hodgkiniens, la poliomyélite et dans certaines tumeurs.
5- Monocytes : leur augmentation (monocytose) peut être due à des infections (tuberculose notamment) ou être le principal signe d'une prolifération maligne monocytaire ou myélomonocytaire (voir les proliférations malignes hématologiques).
Anomalies quantitatives touchant toutes les lignées : pancytopénie
Dans ce cas, toutes les lignées sanguines sont abaissées. Un myélogramme est nécessaire pour différencier les pancytopénies centrales et périphériques :
Anomalies qualitatives :
Elles portent sur la présence dans le sang d'éléments étrangers ou sur l'existence d'anomalies morphologiques. Se reporter à l'aspect des cellules hématologiques
- La myélémie est définie par la présence dans le sang de cellules précurseurs des polynucléaires ; elle peut s'associer à des précurseurs des érythroblastes.
- Les blastes, éléments médullaires les plus jeunes sans aucune cellule intermédiaire avec les leucocytes mûrs (hiatus de maturation), caractérisent les leucémies aiguës, qui peuvent être différenciées en myéloblastiques ou lymphoblastiques.
- La présence de lymphocytes anormaux caractérise certaines maladies lymphoprolifératives particulières.
- Des anomalies morphologiques du cytoplasme ou du noyau des polynucléaires caractérisent des affections congénitales ou des processus leucémiques.
Dans tous les cas, un aspect inhabituel des cellules sanguines (contour, noyau, nucléole…) doit toujours être suivi de l'envoi des lames à une personne compétente. A cet effet, on prépare généralement 3 lames colorées au MGG et trois lames fixées mais non colorées que l'on enverra à un centre hospitalier important.