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DIAGNOSTIC D'UNE FILARIOSE |
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FILARIOSE LYMPHATIQUE
Épidémiologie : Ces filarioses sont dues à trois espèces : Wuchereria bancrofti, Brugia malayi et Brugia timori. 400 millions de personnes sont touchées par les filarioses dans le monde.
Cycle : les adultes sont présents dans les ganglions et canaux lymphatiques des membres inférieurs et du bassin chez l'homme. Ils libèrent des microfilaires à périodicité nocturne. Ces microfilaires sont absorbées lors d'une piqûre par un moustique (4 genres incriminés dont anophèle). Des larves infestantes se développent dans les muscles de l'insecte puis migrent vers les trompes. Pénétration active chez l'homme lors d'une piqûre.
Clinique : incubation 5-15 mois![[Chylurie]](urine-normale-chylurie.jpg)
Urine normale (à gauche) et chylurie (à droite)
Zone d'endémie :
Prélèvement et traitement du prélèvement :
Prélèvement de sang capillaire, la nuit (périodicité nocturne), en cas d'alitement, la périodicité s'inverse. On pratique ensuite :
Prélèvement d'urine en cas de chylurie. Dans ce cas, les urines ont tendance à légèrement coaguler (ce qui n'est pas le cas lors de lipurie ou de pyurie). Centrifugation douce puis observation du culot. On observe aussi des microfilaires dans les urines lors d'un traitement à la diethylcarbamazine (signe de bonne efficacité du traitement).
Examen
direct :
On peut se référer au tableau d'identification des microfilaires ou au
chapitre traitant des autres filarioses (plus bas dans la page)
W. bancrofti, Giemsa, faible grossissement
Examens complémentaires :
En cas d'échec des examens directs, et après avoir éliminé la présence de
Loase ou d'onchocercose, on peut recommencer l'examen direct après avoir
réalisé le test de Mazzotti.
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Wuschereria bancrofti |
Bruggia malayi |
Pathologies habituellement associées : Traitement habituel / contrôles d'efficacité : En l'absence de Loase ou d'onchocercose, avec une
microfilarémie faible ou presque indécelable et sans poussée aiguë
lymphangitique : diethylcarbamazine. Chez l'enfant : 6 mg/Kg/j , chez
l'adulte 4 comprimés par jour. |
éventuellement
en association avec des corticoïdes et des antihistaminiques pendant les dix
premiers jours.B. malayi, Giemsa, fort grossissement
En cas de poussée aiguë :
Traiter tout d'abord la poussée (antalgiques, antipyrétiques, corticoïdes,
antihistaminiques, éventuellement antibiotiques si surinfection).
Traiter ensuite la filariose de la même manière que précédemment. De plus en
plus, ou en cas de Loase ou d'onchocercose associée, on traite grâce à
l'Ivermectine : 200 µg/Kg en une seule prise, en recommençant six mois plus
tard.
Identification des microfilaires :
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Micro filaire |
Taille en µm |
Gaine |
Espace Céphalique |
Noyaux |
Corps de Manson |
Période |
Extrémité postérieure |
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B. malayi |
Sang |
250-300 / 6-8 |
Oui |
Long |
Petits ovoïdes serrés |
Visible, 3 masses |
Nuit |
2 renfl, 1 ny terminal, 1 subterminal |
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Loa Loa |
Sang |
300 / 8 |
Oui peu coloré |
Long |
Gros, ovoïdes |
Non coloré |
Jour |
Effilée nyx terminaux |
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W. bancrofti |
Sang |
300 / 8 |
Oui |
Court |
Petits, séparés |
Visible unique |
Nuit |
Effilée, nyx subterminaux |
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M. perstans |
Sang |
200 / 5 |
Non |
Très court |
Petits, serrés |
Non coloré |
Sans |
Doigt de gant, nyx terminaux |
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M. ozzardi |
Sang / derme |
200 / 5 |
Non |
Très court |
Petits, serrés |
Non coloré |
Sans |
Très effilée, nyx terminaux |
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M. streptocerca |
Derme |
200 / 5 |
Non |
Très court |
Gros, espacés |
Non coloré |
Sans |
En crosse d'évêque, nyx terminaux |
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O. volvulus |
derme |
250-300 / 10 |
Non |
Long |
Gros, serrés |
Non coloré |
Sans |
Nyx subterminaux |
DIAGNOSTIC DES LOASES
Épidémiologie :
Maladie due à une filaire dermique donnant naissance à des microfilaires
sanguines la filaire Loa-Loa.
Le cycle est le même que pour toutes les filaires : piqûre infestante
d'insecte (ici un taon : chrysops), maturation des femelles dans le tissu
sous-cutané, libération de microfilaires absorbées par un taon lors d'une
nouvelle piqûre, maturation chez le taon.
Clinique :
Invasion phénomène allergiques : prurit généralisé, œdème de
Calabar fugace et migrateur (membres supérieurs et paupières). Phénomènes de
migration sous-cutanée des filaires adultes (1 cm / heure)
Évolution bénigne, attention cependant aux conséquences du traitement.
Zone d'endémie :
Nigeria, Cameroun, Gabon, Congo, Zaïre, Angola, Guinée équatoriale, Centrafrique.
Prélèvement
et traitement du prélèvement :
Pratiquer un prélèvement de sang périphérique, entre 12 et 14
heures : périodicité diurne. Traiter ensuite le prélèvement comme les
filaires lymphatiques.
Il faut cependant numérer les microfilaires, ce que l'on ne fait pas dans le
cas de filaires lymphatiques. Utiliser une cellule de comptage
Examen direct :
On peut se référer au tableau d'identification des microfilaires ou au chapitre traitant des filarioses lymphatiques
Pathologies habituellement associées :
Paludisme
Traitement habituel / contrôles d'efficacité :
Attention aux possibilités de choc anaphylactique ou d'encéphalite filarienne suite au traitement ! l'abstention thérapeutique peut être préférable. Le traitement repose sur l'utilisation de la DEC (diethylcarbamazine).
Après numération des microfilaires :
Dans tous les cas, le traitement est commencé de manière très progressive
: on commence par le dixième voire le vingtième de la dose journalière pour
arriver à cette dose (6mg/Kg/j chez l'enfant, 400 mg/j chez l'adulte) au bout
d'une semaine en augmentant doucement.
Le traitement dure 21 jours de posologie efficace. (soit en tout 28 jours de
traitement).
DIAGNOSTIC DES ONCHOCERCOSES
Épidémiologie :
Nématodose spécifiquement humaine due à Onchocercus volvulus. 2 ème cause de cécité dans le monde. Appelée aussi "cécité des rivières"
Cycle : les filaires vivent dans le tissu sous-cutané de manière libre ou en nodules (onchocercomes), durée de vie d'une dizaine d'années. Elles libèrent des microfilaires dermiques à tropisme pour l'œil (rétine) où leur lyse conditionne la pathogénie. Les microfilaires sont absorbées par une simulie lors d'une piqûre, se transforment et contaminent un homme lors d'une nouvelle piqûre.
Clinique : incubation 15-18 mois(passage microfilaire --> adulte)
Zone d'endémie :
Découle de la biologie du vecteur : près des rivières à gros
débit ou des cascades.
Afrique de l'Ouest (Du Mali au Nigeria), Afrique centrale et de l'est (du
Cameroun au Yémen et du Congo à l'Angola), Amérique centrale (Guatemala,
Nicaragua, Venezuela, Équateur).
Prélèvement
: il s'agit d'un prélèvement dermique :
Scarification : pratiquer 5 incisions dermiques rapprochées au niveau du deltoïde avec un vaccinostyle. Ne pas faire saigner. Pincer la peau de part et d'autre des incisions pour faire sourdre le suc dermique, le recueillir sur une lame dégraissée. Ensuite, recouvrir d'une lamelle pour examen direct ou faire sécher pour coloration au MGG.
Ponction de nodule onchocerquien : peut être positif alors que la recherche de microfilaires est négative. Mise en évidence des vers adultes (5-40 cm)
Examen direct / schémas : onchocerque
On peut se référer au tableau d'identification des microfilaires ou au chapitre traitant des filarioses lymphatiques
Examens complémentaires :
Hyperéosinophilie fréquente, surtout en début de traitement. Exceptionnellement, on peut utiliser le test de Mazzotti (bien lire les contre-indications).
Pathologies habituellement associées :
Paludisme
Traitement habituel / contrôles d'efficacité :
La DEC (diethylcarbamazine) ne doit plus être utilisée à cause de
ses effets indésirables(lyse filarienne, choc anaphylactique, décès). On
utilise donc l'ivermectine (CI femme enceinte) 50-200 m g/Kg en une prise unique
per os. Début de l'action au bout d'une semaine, valable 6 mois.
Médicament distribué gratuitement par Merck Sharp Dohme à toute institution
en faisant la demande.
DIAGNOSTIC DES DRACUNCULOSES
Épidémiologie : pathologie due à la filaire de Médine, Dracunculus medinensis, encore appelée vers de Guinée, actuellement en régression.
Cycle : ingestion d'un cyclops (eau de boisson) contenant des larves infestantes par l'homme, maturation en adultes dans le tissu sous-cutané des membres inférieurs le plus souvent. Au bout d'une année, les femelles percent la peau au niveau des chevilles et libèrent des microfilaires dans le milieu extérieur.
Clinique :
Zone d'endémie :
Afrique de l'Ouest, Ouganda, Somalie, Arabie, Yémen, Moyen-Orient, Pakistan, Inde.
Examens complémentaires :
Le diagnostic de dracunculose est un diagnostic clinique ou encore
radiologique, le laboratoire peut avoir un rôle dans le diagnostic de ses
complications, principalement infectieuses.
En cas de doute, on peut imbiber un coton d'éther et en tamponner le pourtour
de l'ulcération : apparition d'un liquide blanchâtre contenant des milliers de
microfilaires mobiles observables au microscope à l'objectif 10
Pathologies habituellement associées :
Bilharziose (même vecteur), tétanos.
Traitement habituel / contrôles d'efficacité :
Le traitement consiste à enrouler le ver adulte autour d'un petit
bâtonnet ou d'une allumette : 1 ou 2 tours par jours pour éviter de casser le
ver, ce qui imposerait de l'enlever par des méthodes chirurgicales.
Le traitement des surinfection consiste tout d'abord en une prophylaxie
antitétanique (gammaglobulines) et un rappel vaccinal. Les autre surinfections
sont traitées de manière symptomatologiques.
DIAGNOSTIC DES MANZONELLOSES![[manzonnella ozzardi]](manzonella-ozzardi.gif)
La
pathogénie des manzonelloses n'est pas établie, il peut être intéressant de
les connaître pour le diagnostic différentiel avec les autres filaires.
M. perstans (à gauche) et M. ozzardi (à droite)
On peut se référer au tableau d'identification des microfilaires ou au chapitre traitant des filarioses lymphatiques