ÉTABLISSEMENT D'UNE TARIFICATION DES ACTES BIOLOGIQUES

 

Lorsque l'on veut faire fonctionner un centre de santé selon un mode de recouvrement des coûts, il faut procéder à une tarification des actes médicaux, chirurgicaux et gynécologiques ainsi que des examens complémentaires en biologie et en imagerie.

Ce qui peut choquer certains, dans ces pays où les gens sont relativement pauvres, est en fait le seul moyen de garantir la vie à des centres de santé. Les patients paient raisonnablement la consultation, éventuellement des examens biologiques puis les MEG, sachant qu'ainsi il y aura toujours tout à disposition (et à demeure) et ils ne seront plus en attente d'hypothétiques aides plus ou moins bien adaptées, bien que gratuites.

De plus, un système de mutuelles de santé avec paiement des cotisations annuelles à la fin des récoltes, lorsque les gens ont de l'argent, se met progressivement en place dans les pays appliquant l'Initiative de Bamako. En outre, chaque centre de soin, du simple dispensaire jusqu'au CMA, est libre de fixer ses prix. Les régions plus favorisée (culture de coton, de cacao, de café) pratiquent généralement des prix supérieurs à ceux de régions plus défavorisées.

Exemples de tarification des actes médicaux du centre de santé du village de Tapoko, région de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), prix en FCFA (1 FF = 100 FCFA, 1 euro = 656 FCFA), salaire moyen de 20-30 000 FCFA par mois. On observe les mêmes prestations dans un centre médical, auxquelles on ajoute les prestations chirurgicales et d'imagerie. Le prix des prestations est généralement supérieur dans les villes.

DISPENSAIRE

MATERNITÉ / PLANIFICATION FAMILIALE

On peut remarquer, dans cet exemple de tarification, les nombreuses mesures incitatives prises par le comité de gestion villageois (consultations gratuites pour les enfants dont la mère a suivi la CPN, augmentation du forfait accouchement pour celles qui ne l'ont pas suivi …).

Les budgets des dispensaires sont généralement légèrement déficitaires : les frais engagés (pansements, bandelettes urinaires, petit matériel, produits externes …) étant supérieurs aux recettes des consultations, le personnel médical étant payé par l'État. Ce léger déficit est compensé par les recettes du dépôt de MEG, elles, largement bénéficiaires.

Proposition d'une tarification des actes biologiques, basée sur le prix P d'une consultation :

Les consultations sont souvent peu chères pour ne pas pénaliser le malade qui devra peut-être encore payer un éventuel complément biologique puis des médicaments.
Il faut cependant vérifier que le laboratoire rentre totalement dans ses frais, tant directs qu'indirects. Le bénéfice net du laboratoire doit être suffisant pour faire face à un imprévu ou à un rachat d'appareil mais doit rester suffisamment faible pour que le prix des analyses reste bas.
L'équilibre n'est pas atteint immédiatement, il faut au moins 6 mois de fonctionnement pour ajuster au mieux cette tarification.
 

Forfait prélèvement sur écouvillon ou sur tube à hématocrite

2P

Forfait prélèvement seringue

3P

Autres prélèvements

3P

KAOP (kyste, œufs, amibes, parasites) des selles

5P

Recherche de paludisme

5P

Recherche de parasite sanguicole

5P

Recherche de bilharziose urinaire

4P

Recherche de tuberculose

5P

Traitement cytologique complet d'une ponction lombaire

5P

Traitement cytologique complet des prélèvements sur écouvillon

5P

Numération GB et Formule sanguine

5P

Numération GR ou plaquettes

4P

Cytologie urinaire quantitative + étude du culot

5P

Hémoglobine et hématocrite

6P

Temps de saignement

2P

Vitesse de sédimentation

4P

Recherche d'hémoglobine anormale, G6PD

6P

Culture bactériologique ou mycologique

6P

Examen biochimique, suivant l'examen

4P-12P

Coagulation, suivant l'examen

4P-8P

Cette tarification doit être adaptée en fonction des besoins de la population, de ses revenus et des pathologies rencontrées, afin de diminuer ou même d'offrir une analyse de dépistage d'une pathologie combattue par un programme national ou international.

Il ne faut pas hésiter à pratiquer des mesures incitatives, tant pour favoriser la fréquentation du laboratoire que pour appuyer des mesures de Santé Publique.